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Le nageur a toujours raison…

 

Introduction

Extrait librement adaptés de l’introduction de J. Paillard à sa conférence au Colloque international de Paris (mai 1975)

Lorsqu’on demande au spécialiste de classer, par ordre d’importance, les facteurs qui lui semblent déterminer les conditions de la réussite sportive, ce sont généralement les facteurs biologiques qu’il met en tête. Lorsqu’on évoque les déterminants biologiques de la performance motrice, c’est en premier lieu aux aspects biomécaniques, biométriques et bioénergétiques que l’on se réfère.

Aux problèmes que se pose le praticien, mon propos sera plutôt de tenter de faire entrevoir une nouvelle manière d’engager le dialogue entre l’entraîneur et le fondamentaliste.

J’aimerais évoquer certaines des perspectives ouvertes par une approche que l’on peut qualifier d’informationnelle du fonctionnement de la machine neuro-motrice. Perspectives où l’entraîneur peut désormais aisément reconnaître les réalités concrètes, familières auxquelles il est quotidiennement confronté.

 

Dans un article « Modèles et transformations techniques en nage libre » le service recherche de la fédération de natation écrit :

 

« Ne convient-il pas de demander de chercher les appuis les plus solides pour projeter le corps vers l’avant avec la plus grande vitesse possible ? …

 En clair, la propulsion du nageur sera d’autant plus efficace que ce dernier prendra appui sur une grande masse d’eau résistante dans des zones d’eau déjà non perturbées, et afin de projeter son corps vers l’avant à partir d’un point d’appui le plus fixe possible. »

 

Evoquer en natation des « points fixes » dans l’eau est un non sens à moins que cela puisse être prouvé. 

Pour se propulser nous pensons que le nageur doit exercer une force d’intensité croissante* avec sa pale « main-avant bras » construite (coude au dessus de la main) et orientée (vers l’arrière et en profondeur) sur la masse d’appui constituée à partir et en fonction de son déplacement en durée et intensité.

* Force d'intensité croissante : condition nécessaire pour se propulser dans l’eau, résultant de la résistance de l’eau qui augmente au carré de la vitesse du déplacement du corps. Cas particulier de la loi de conservation du mouvement M.V = M’. V’ dans laquelle (M’ et V’ concernent le liquide).

 

Nous vous proposons de faire deux expériences afin que vous validiez vous-même une des deux options, l’une excluant l’autre ! 

 

Première expérience : appui fixe

 

« La corde à nager » - De quoi s’agit-il ? 

C’est idée « de la corde à crawl » avait exprimée dans le livre de J.P. Boyrie : Nages sportives (1946) dont le but était de donner une information sur la direction à prendre lors du déplacement de la main sous l’eau en crawl.

Une corde était tendue à environ 50 cm sous la surface entre les deux extrémités de la piscine.

Il était demandé au nageur de se déplacer comme il le ferait en crawl mais en se halant sur la corde. 

J’ai moi-même réalisé cette expérience avec des nageurs dans les années 80, j’ai très vite laissé tomber car je n’obtenais rien de bon, les nageurs me disaient ne « plus avoir d’appui » après l’exercice lorsqu’ils nageaient en crawl.

 

Je vous propose à votre tour de faire cette expérience.

Observez, interrogez les nageurs sur ce qu’ils ressentent.

 

Deuxième expérience : exercer une force d’intensité croissante

Le nageur réalise  une traction sur un élastique (avec chaque bras) en conservant le coude au dessus de la main, puis immédiatement nage en crawl en ressentant ce qu’il vient de vivre.

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Observez, interrogez les nageurs sur ce qu’ils ressentent.

Faites confiance au ressenti des nageurs ! Vous pouvez valider une option et écarter l’autre.

Alors, appuis fixes en force d’intensité constante, artificiellement créés ou intensité de force croissante déclenchant la gestion spécifique au substrat « eau » !

 

  • « Il faut aux actions un système de repères « sensitivo-sensoriels » qui les suscitent, les guident et les contrôlent » - H. Wallon

  • Dans toutes les activités humaines, un dialogue s’établit en permanence entre les informations et leur dimension motrice.

 

Marc

15/10/2014

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Commentaires   

0 #1 raymond 21-10-2014 15:28
Dans les années 60, il m'est également arrivé de tenter de reproduire la situation de Boyrie. la conséquence immédiate était la valorisation de la traction, avec flexion des avant-bras sur les bras. Ensuite j'ai substitué à la corde une longue perche pour constater que cela valorisait la poussée. Ne serait ce que pour conserver l'appui de l'extrémité de la perche au mur, il fallait enchainer les actions alternatives sur la perche sans temps de glisse intermédiaire. Heureusement nous avons, de nos jours, dépassé ce type d'exercice !
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