Points de vue

Alain Catteau - Faire du vélo et nager

 

Lire la suite...APPRENDRE :

- à faire de la bicyclette sans roulette,

- à nager sans bouée.

 

Pour celui qui enseigne la natation, quel intérêt y a-t-il à étudier cette vidéo relatant une expérience d’apprentissage de vélo inversé ?

 

 

Rappelons la succession des différentes séquences de cette vidéo :

  • Par rapport à un vélo ordinaire, un soudeur opère un changement sur la commande de direction de la roue avant. Un engrenage inverse la commande si bien que lorsque le guidon est tourné à droite, la roue tourne à gauche et inversement le guidon tourné à droite, la roue tourne à gauche.

  • Un adulte ingénieur de 31 ans à qui est présenté ce vélo et qui a connaissance des transformations opérées pense pouvoir réussir à rouler sur ce vélo bien particulier. Cet adulte est habile, il sait depuis longtemps faire du vélo ordinaire et pourtant dès les premiers essais, il ne réussit pas à parcourir ne serait-ce que quelques mètres.

  • Plutôt que d’abandonner l’affaire et passer à autre chose, il se lance un défi à lui-même et se prend au jeu : réussir à faire du « vélo inversé »

  • Il décide donc de s’entraîner sur ce vélo bien particulier à raison d’une séance journalière.

  • Sa période d’apprentissage de 5 minutes par jour durera 8 mois. (7 jours x 33 semaines = 231 séances x 5min = 1155 minutes soit 19 h et 15 minutes.

  • Enfin du jour au lendemain, une sorte de déclic s’opère et une première réussite est là.

  • Mais cette réussite est fragile et peut être mise à mal par manque d’attention, une distraction. Alors c’est l’ancien schéma qui réapparaît, le vieil algorithme de contrôle, celui éprouvé depuis longtemps sur le vélo ordinaire et qui conduit à la chute sur le vélo inversé.

  • L’apprentissage est vraiment stabilisé lorsque le vélo inversé est conduit à différentes vitesses et sans à coup.

  • L’ingénieur réalise des conférences dans diverses universités et propose systématiquement à une personne du public de venir sur scène pour réussir à faire du vélo inversé, c’est-à-dire parcourir 3 m sans mettre pied à terre en conservant les pieds sur les pédales. Beaucoup pensent qu’ayant compris intellectuellement le fonctionnement de ce vélo, ils pourront en faire, la compréhension et la volonté devraient suffire. Aucune n’y parvient.

 

Le fils de l’ingénieur qui a entre 5 et 6 ans, sait faire du vélo ordinaire depuis 3 ans ce qui représente plus de la moitié de sa vie. Avec la promesse de l’emmener avec lui en Australie, il engage son fils à apprendre à faire du vélo inversé. Une question l’anime : Combien de temps mettra son fils de 5ans pour apprendre à faire du vélo inversé ?

Au bout de trois à quatre semaines son fils réussit à faire du vélo inversé.

Une troisième partie du document poursuit l’expérience d’apprentissage de l’ingénieur : maintenant que l’apprentissage du vélo inversé est stabilisé, lui est-il possible de refaire du vélo normal ?

Dans un premier temps et de manière spectaculaire la réponse est non, il ne sait plus faire de vélo normal. On le voit essayer, ne pas y parvenir, tâtonner et enfin au bout de 20 minutes d’essais, il peut à nouveau réussir à faire du vélo normal.

J’éprouve de l’intérêt pour cette narration, elle me permet de mieux comprendre le processus d’apprentissage et la nature des apprentissages à réaliser. Je mets en relation cette narration avec mon expérience d’enseignement de la natation.

Faire du vélo est une activité locomotrice complexe qui met en système le cycliste (le pilote) et le vélo (engin) dans un environnement physique. Toute modification apportée à un élément du système a un impact sur le fonctionnement de l’ensemble.

A propos du vélo inversé il importe de bien comprendre l’impact des modifications opérées. A première vue, elles paraissent minimes, le guidon est l’organe mécanique du vélo qui permet de changer de direction, mais en fait sa fonction est double directionnelle et équilibratrice. A notre insu et sans que cela soit réalisé de manière volontaire, nous maintenons notre équilibre sur le vélo en agissant sur le guidon. Cette fonction est particulièrement mise en évidence quand nous tentons de rester en équilibre les pieds sur les pédales à l’arrêt. Nous sommes alors capables d’observer nos actions sur le guidon mais nous ne les commandons pas de manière volontaire.

Nager est une activité locomotrice complexe qui met en système le nageur et le milieu dans lequel s’exerce son activité. Apprendre à nager est une expérience dans laquelle il va falloir passer d’une locomotion terrienne autonome (la marche ou la course) à une locomotion dans l’eau. Pour comparaison, l’inversion de la commande directionnelle du guidon de vélo qui a un impact sur la capacité à s’équilibre à vélo éclaire la nature des transformations à opérer lorsque l’on passe de la terre à l’eau. La fonction équilibratrice habituelle terrienne n’est plus efficace et inadaptée dans l’eau. Construire une fonction posturale nouvelle dans l’eau suppose de prendre en compte toutes les forces externes environnementales agissant sur le corps et de solliciter de manière ajustée les groupes musculaires du sujet pour prendre ou maintenir une posture adéquate. L’apprentissage du vélo inversé prend beaucoup de temps parce qu’il nécessite d’une part la déconstruction des schémas d’équilibre acquis antérieurement dans l’apprentissage du vélo normal, et d’autre part la construction, lors de perceptions de déséquilibres, d’actions et réactions pertinentes, inverses de celles acquises antérieurement. Autrement dit, il faut désapprendre à faire du vélo pour faire du vélo inversé. Les régulations de l’équilibre se font au niveau du cervelet et sont automatisées, les circuits neuronaux sont courts car le temps de réaction à un déséquilibre doit être le plus court possible pour éviter les chutes. Nous avons souvent une vision statique de l’équilibre, son apparente stabilité pour un regard extérieur masque toute la dynamique des perceptions des déséquilibres et des réactions motrices qui s’en suivent au niveau des muscles dits posturaux.

La vidéo montre que parfois l’ingénieur et son fils portent un casque. Ce casque ne modifie en rien l’apprentissage à réaliser. Ils auraient pu aussi s’équiper de coudières ou de genouillères, le statut de ces équipements n’est pas de supprimer le risque de chute mais de protéger le corps en cas de chute. Dans l’apprentissage de la nage, l’utilisation d’artifices tels ceintures planches ou brassards n’a pas du tout le même statut car tous ces artifices modifient les conditions physiques qui s’exercent sur le corps. L’apprentissage de l’équilibration dans l’eau est nécessaire et essentiel, il doit se réaliser sans aucun équipement. De même cette relation a l’eau doit se réaliser dans l’eau qui est un volume homogène, qui n’est pas encombré d’objets divers et variés, dans un milieu qui ne doit pas être un gymnase aquatique comme on le voit trop souvent. L’efficacité pédagogique requiert d’aller à l’essentiel. Imaginons un instant ce que deviendrait la vidéo du vélo inversé si des petites roulettes stabilisatrices étaient ajoutées au vélo ! Quel apprentissage serait réalisé ? Et pourtant beaucoup d’intervenants en natation ne sont pas choqués par l’utilisation des artifices en piscine ou de l’encombrement de l’espace aquatique par divers agrès sous prétexte « d’aménager le milieu ». La construction du corps flottant se fait dans l’eau, toute l’eau, mais que l’eau. C’est une étape décisive de la construction du nageur car si sur terre il est possible de tomber, une fois dans l’eau on ne peut pas chuter.

Dans l’apprentissage du vélo inversé, il est évident que la compréhension des mécanismes en jeu ne permet pas la réussite en action. Compréhension et action se situent sur deux plans différents. Piaget dans ses deux ouvrages « Réussir et comprendre » et « La prise de conscience » travaille à la compréhension des relations entre ces deux plans. Ainsi l’action est la clé pour obtenir des réussites en action. Contrairement à ce que l’on voit couramment au bord des bassins, il ne sert à rien d’expliquer pour que l’élève comprenne en vue d’une réussite hypothétique. Non, l’enseignant doit proposer aux élèves des tâches ajustées aux buts définis dans lesquels ils peuvent s’engager et qui leur permettent de réussir et de construire de nouvelles capacités d’agir.

Enfin la comparaison du temps d’apprentissage du vélo inversé pour le père et pour le fils montre que le système neuronal est plastique, c’est-à-dire qu’il est susceptible de construire de nouveaux circuits à tout âge, mais il faut reconnaître que la plasticité de ce système semble décroître avec l’âge, le jeune enfant semble en mesure d’apprendre plus vite que ses aînés.

Alain Catteau le 3 Mai 2019.

 

 

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Le point de vue d’un entraineur

LE BATTEMENT EN CRAWL : DIFFERENTES ORGANISATIONS !

 

Florent est mis chaque jour en présence d’entraineurs et de nageurs qui se déplacent en jambe seules.

Bien que les théories ne changent jamais les pratiques, le passage de la description de ce que l’on voit à comment cela fonctionne t-il déboucherait sur des formes plus intelligentes de pratiques.

Dans la locomotion bipédique le fait que les membres inférieurs soit insérés au tronc à distance de l’axe implique une nécessaire rééquilibration pour placer le centre de gravité dans l’axe de poussée.

Par analogie on peut retrouver les mêmes mécanismes dans la nage.

De manière complémentaire le roulis du corps permet à pleine puissance au grand dorsal d’obtenir son meilleur rendement.

Quels sont les variations d’amplitude des battements en fonction du roulis ?

 

Nous remercions Florent de nous remettre « en prise directe » avec les pratiques dominantes et espérons quelques réactions de nos lecteurs.

« L’optimisation de la performance » - Un concept à la mode ? Un leurre ?

 

« Vouloir faire exister la performance avant qu’elle soit produite, c’est par exemple le cas lorsque nous parlons d’optimisation de la performance, nous conduit au cœur d’un immense malentendu qui a des conséquences considérables en matière d’entraînement » F.BIGREL

Les deux effets pervers de ce concept sont d’amener à percevoir la performance comme « une chose » qui existerait avant la situation de compétition et d’amener à concevoir l’entraînement comme un ensemble d’éléments indépendants les uns des autres : la physiologie, la musculation, la technique, le mental, l’évaluation etc.

Par exemple, l’amélioration du rendement sera le domaine de l’entraîneur et l’augmentation de la puissance celui du préparateur physique alors qu’il existe un rapport à la fois complémentaire et contradictoire* entre ces deux aspects mécaniques des nages qui les rend indissociables.

*Puissance : Quantité de travail produite par unité de temps (exprimée en watt)

Rendement : Rapport entre le travail utile fourni et l’énergie consommée (toujours inférieur à 1)

L’augmentation de la puissance se fait au détriment du rendement, mais à rendement égal le plus puissant l’emportera. (Voir « Encore et toujours la vitesse »)

 

Cette représentation de la performance et de l’homme qui autorise à « découper » pour « optimiser » fait des dégâts considérables. Elle a conduit des pays, des fédérations, à concevoir des batteries d’exercices standardisés sans fondements auxquels devaient se soumettre les athlètes en croyant que ces tests constituaient à la fois des passages obligés pour espérer réaliser une performance mais aussi un moyen pour « détecter les talents ».

Autre effet : les spécialistes de  l’optimisation de la performance  avec leurs discours sur les « facteurs de la performance (sic) » font naître des besoins… auxquels ils se proposent de répondre !

Nous avons la conviction que nous devrions nous intéresser au processus « d’individuation », encore trop ignoré par le monde du sport, qui pourrait-être à l’origine de l’émergence de l’excellence quelque en soit le domaine.

Pour un nageur ce processus pourrait se résumer ainsi : c’est la résolution des problèmes auxquels il se frotte qui lui permette d’apprendre, de se construire, et d’être en mesure de faire face efficacement aux problèmes posés par la situation de compétition.

Cela signifie que l’attitude pédagogique de l’entraîneur, la façon dont il imagine, conçoit, propose l’entraînement, contribue au processus d’individuation qui autorisa l’athlète à s’exprimer pleinement ou pas.

« A la différence des approches classiques qui étudient l'individu "déjà individué" pour le connaître, la notion d'individuation s'attache, elle , à le comprendre au contraire en étudiant le processus qui permet son émergence.

L'individuation conçoit la genèse de l'individu comme une série de résolutions de problèmes. Cet individu est le résultat d'un jeu au sein d'un champ de forces dont il fait lui-même partie et il est vain de chercher le principe de cette individuation dans la forme que prend ce résultat. Ce sont les relations que cet individu entretient avec les autres (objet, personne, espace, temps...) qui le sculptent au fil du temps, autres qu'il contribue à sculpter en retour. On parle alors d'un « réalisme des relations », ces relations tenant lieu d'être. Le bilan est l'apparition conjointe d'un individu singulier et de son milieu associé que l'on ne peut plus alors concevoir séparément. Ils vivent l’un de l’autre, ce qui fait dire à Paul Valéry : « L’œuvre ne peut avoir pour auteur une personne qui lui serait antérieure. » F. BIGREL

Ce qui semble caractériser les sportifs qui réalisent des performances est à la fois la confiance qu’ils ont en eux et le niveau de construction de leur fonctionnement.

 

Lire la suite...« La clé du sport c’est l’émotion », à l’heure ou les outils technologiques issus du « Big data » s'invitent de plus en plus dans le sport, il ne faudra jamais l’oublier.

« Création collective, instinctive, continue, dynamique grandiose de l’imaginaire, le sport traverse avec assurance l’histoire des peuples et n’a pas été inventé, au cours des âges, sur décision des princes ou recommandation des philosophes. Il est vivant, populaire, spontané. Il est émotion. Il est passion. C’est par là d’ailleurs qu’il échappe. Les bonnes raisons ne le touchent qu’en surface… » Bernard JEU « Le sport, l’émotion, l’espace »

Les sportifs performants sont des passionnés qui aiment leurs disciplines et/ou la compétition pour les émotions procurées.

Comment faire aimer la natation aux jeunes qui viennent à nous ? (Ils viennent à nous pour apprendre à nager !)

Faire vivre des situations adaptées et simples d’organisation mais intenses émotionnellement à des jeunes gens ne pourrait-il pas les motiver à s’engager dans nos disciplines ?

Ce n’est pas par hasard qu’une jeune fille va choisir de pratiquer la natation artistique plutôt que la natation course, que ce jeune garçon va choisir de pratiquer le water polo ou que tel autre choisira le plongeon.

Ce qui dicte ces choix, quand le choix est possible, c’est la nature de l’émotion éprouvée. Si l’émotion est la clé du sport, la nature de l’émotion est la clé pour faire aimer nos disciplines sportives.

Selon Bernard JEU, ce qui caractérise les sports de nature esthétique (natation artistique, plongeon) c’est « l’état de grâce » où la facilité affichée, nous le savons, n’est qu’apparente au prix d’un travail soigneusement dissimulé.

Ce qui caractérise émotionnellement les courses (natation course) c’est « la poursuite », le poursuivant et le poursuivi.

Ce qui caractérise les sports de balle (water polo) c’est « le jeu de la horde et du territoire », des espaces interpénétrés et la cible adverse.

Marc,

Juin 2018

 

 

C’est avec grand plaisir que nous publions le texte de notre ami Leonardo.

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Bonjour Raymond,

c’est un plaisir d’avoir l’occasion de communiquer avec toi et les passionnés de la pédagogie de l’action.

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt la fiche des huit séquences pour passer d’un corps “pesant” au “corps flottant”.

Je trouve que le cheminement soit très efficace.

C’est celui que je propose à mes élèves et que j’ai appris de toi.

Lire les huit séquences m’a permis de mieux comprendre.

Se construire une sécurité active, c’est se construire nageur.

Le 19 et 20 janvier 2019, je participerai au colloque de la Société Nationale de Sauvetage ( www.salvamento.it ), organisé à Velletri, près de Rome, où j’habite.

Mon intervention aura pour objet les huit séquences que vous, toi et Marc, venez de proposer; son titre sera « Come passare da un corpo pesante ad un corpo galleggiante e prevenire l’annegamento ».

Pour m’aider j’utiliserai des prises de vue que j’ai réalisées pendant les séances que j’ai animées.

Je t’en envoi une synthèse.

Tu verras que j’ai prévu une séquence où les enfants quittent le monde solide. Le plus souvent il arrive après la construction d’un temp d’apnée majeur aux dix seconds ou de la remontée passive. Je crois que ça donne les moyens pour gagner facilement le bord, quand on se laisse flotter, en s’éloignant du mur, et pour ça en favorise le travail.

Si tu voudras l’analyser et éventuellement la publier, sera pour moi un plaisir.

 

Bien cordialement,

Leonardo Alivernini.

Velletri,

28 dicembre 2018.

 

 

Nous avons donné à Florent l’opportunité de revoir son travail en utilisant les nombreuses données du thème « Indices concordants » publié sur le Site.

Ses sollicitations d’aide des collègues n’ont pas eu l’écho attendu mais nos lecteurs sont majoritairement des « consommateurs ».

La description constitue un "point de départ des connaissances", elle doit être mise en relations avec la fonction.

Les phrases en bleu sont les commentaires de Raymond et de Marc. Le texte de Florent est en noir.

 

Problématique : Analyser le lien entre intensification des battements de jambes et accélération des masses d’eau.

 

Comment problématiser ?

Peut-on affirmer qu’il existe un lien fort (toujours vrai ?) entre la fréquence des propulsions et l’accélération des membres inférieurs ?

En augmentant l’intensité avec lesquelles les masses d’eau sont accélérées vers l’arrière les bras s’écartent de l’axe du corps (le grand pectoral est moins puissant que le grand dorsal) ce qui implique pour préserver l’alignement de l’axe du corps sur l’axe de déplacement, une accélération  de plus grande intensité des masses d’eau avec les jambes vers le bas (augmentation de l’amplitude et durée plus courte).

L’intensification (s’agit-il de l’amplitude, de la durée ou de la fréquence ?) des membres inférieurs est-elle la cause ou la conséquence du fonctionnement du nageur ?

Pour nager plus vite soit le nageur pulse plus intensément les masses d’eau (on constate que le nombre de coups de bras diminue pour nager une même distance) soit il pulse plus souvent les masses d’eau par unité de temps (dans ce cas sa fréquence augmente). Le battement est toujours et seulement constitué de 2 temps forts que la fréquence soit 2,4 ou 6 battements par cycle de bras.

Pour tenter de répondre à ces questions, je m’appuie sur une expérience remarquable. Celle du 400 nl de la finale des JO de Syndey et plus particulièrement à la performance de Ian Thorpe le vainqueur et recordman du monde à ce moment là. Lien vidéo ci-dessous.

Ci-dessous, l’analyse de cette course. Les données sont calculées au plus juste en fonction de la distance réelle nagée.

Pour répondre aux problématiques je me suis rattaché à des données qui me semblent judicieuses. La fréquence, l’amplitude, le tempo, les coups de bras et le temps .

On peut constater que la fréquence augmente constamment durant la course.

Oui, d’ailleurs ce constat et ceux qui suivent avait déjà été fait par Alain CATTEAU et Yves RENOUX lors d’une étude conduite aux J .O de Mexico, Montreal et Munick qui a fait l’objet d’un document remarquable intitulé « Comment les hommes construisent la natation » édité en 1976 par la FSGT.

Alors que la puissance dont dispose le nageur diminue avec la fatigue pour tenter de continuer à nager à la même allure le nageur accélère plus fréquemment des masses d’eau moins importantes.

L’amplitude, elle, tend à décroitre plus le nageur accumule les longueurs.

Oui , les masses d’eau accélérées étant moins importantes , l’amplitude décroit.

Le tempo quant à lui, augmente. C’est-à-dire que pour réaliser un cycle complet Ian Thorpe met de moins en moins de temps. Il y a corrélation avec la fréquence.

« Le tempo » c’est une durée d’un cycle de bras, la fréquence c’est un nombre de fois par unité de temps (nombre de cycles à la minute). L’unité change (durée, nombre de fois) mais tempo et fréquence sont corrélés. Quand le tempo diminue la fréquence augmente.

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Enfin, les coups de bras tendent à augmenter pendant la course. Il y a corrélation avec l’amplitude décroissante.

La puissance pour accélérer les masses d’eau diminue et l’amplitude décroit donc le nombre d’accélérations nécessaires pour couvrir la même distance augmente.

Ian Thorpe cherche, sur la dernière partie de course à pulser des masses d’eau toujours plus grandes malgré le fait que la distance nagée par cycle décroit progressivement (son efficacité reste tout de même excellente).

Nous pensons que c’est le but à atteindre, augmenter sa vitesse de nage dans le dernier 100m, qui « organise » ce qui est observé.

Pour contrer cette amplitude motrice déficiente, la solution adoptée est l’augmentation de son rythme (sa fréquence). C’est-à-dire l’intermittence entre chaque accélération, entre chaque réaccélération. On l’observe sur le graphique avec une fréquence qui s’élève.

Définition du rythme = succession de temps forts et de temps faibles dont les valeurs de durée et d’intensité sont données.

 

 

Pour conclure :

 

Il existe une corrélation entre l’augmentation de la fréquence/tempo et l’intensification des membres inférieurs.

Quels sont les critères qui permettent d’affirmer une intensification ?

Revoir à ce sujet l’article de J. Lecomte Science & Vie 894 de mars 1992 :

Informations exactes, Conclusions absurdes.

L’augmentation de la fréquence/tempo est la cause de cette intensification des membres inférieurs. Les battements plus forts sont la conséquence.

Qu’est-ce qui est « plus fort » dans le battement ?

Comment cela a-t-il été vérifié ?

Quels ont été les indicateurs ?

 

Attention ! il ne peut pas y avoir à la fois augmentation de la fréquence et augmentation du « tempo ». Si la fréquence (nombre de fois par unité de temps) augmente « le tempo » (durée d’un cycle de bras) diminue.

 

Florent

 

 

Ce qui ne semble pas très clair dans l’esprit de Florent, c’est la notion de subordination d’un sous-système à un autre dans un système les intégrant.

Travaille-t-il encore en trains séparés dans ses entrainements ?

raymond / marc