Suite à la consideration de Matthieu D. :
Bonjour, il me semble que le rôle équilibrateur des jambes ne vaut que pour le dos et le crawl. En brasse bien évidement les jambes sont propulsive, mais en papillon aussi. L'une des ondulations est placé en fin de propulsion et participe à l'éjection vers l'avant et la seconde même réduite est placée dans une phase non propulsive des bras . Enfin dans les nages simultanées, il ne me semble pas que l'équilibration soit nécessaire.
SEMANTIQUE: propulsion
les questions de Matthieu sont très intéressantes puisqu’elles vont nous amener à réfléchir sur la complexité de l’action de nager.
Un article de Gaétan parue dans la revue HYPER 237 et titré : « Natation. Une nécessaire prise de conscience » pourrait nous servir d’utile introduction.
Il est à peu près acquis que lorsqu’il n’est que projectile le corps du nageur ne cesse de perdre de la vitesse, de décélérer et il ne doit pas être trop difficile de comprendre que les actions propulsives sont destinées à retrouver de la vitesse au terme de chaque accélération.
On pourrait résumer que l’on fait ici une analyse « intra cyclique » de la nage.
Lorsque l’on passe à l’analyse de l’épreuve ou d’une distance parcourue, il faut envisager les liaisons et l’inter relations entre les fonctions posturale et propulsive de la nage.
Un engin autopropulsé, partant d’une vitesse nulle commence par accélérer tout en rencontrant de plus en plus de résistances à la fois internes et externes. De telle sorte qu’en fonction de la puissance délivrée (supposée constante) un moment viendra où les forces de poussées seront annulées par les résistances. La vitesse de l’engin sera alors stabilisée.
Il n’y a plus accélération, le système a atteint sa vitesse maximale.
Le système est-il propulsé ? Oui !
Lorsque l’on aborde la propulsion du nageur, il devient indispensable de se situer au niveau du système, de l’ensemble.
Par ses seules ondulations un nageur est capable de se déplacer.
Par les seules actions de ses membres supérieurs (MS) et en brasse des membres inférieurs (MI) le nageur peut se déplacer et donc se propulser.
En abordant l’analyse du fonctionnement du système, la précision des mots doit nous aider à clarifier nos idées.
Il y a deux sens au mot « propulser » :
- faire avancer par une poussée (déplacer)
- projeter au loin (et donc communiquer une grande vitesse, accélérer).
On retrouve ces deux sens dans le terme « propulsion » :
- Action de pousser en avant
- Action de mettre en mouvement (ce qui ne l’est pas) accélérer.
En 1994, à Megève, nous avons filmé sous la surface Franck Esposito partant de l’arrêt pour obtenir le plus vite possible la plus grande vitesse de nage.
Les images nous montrent =
1) qu’il s’immerge
2) qu’il fléchit très fort les jambes sur les cuisses
3) qu’il déclenche simultanément la poussée des jambes et l’action des bras
4) qu’il commence par s’éjecter
5) que cette coordination initiale disparaît immédiatement pour passer à la coordination de nage tout à fait différente.
Lorsque nous envisageons l’action propulsive dans la nage, nous nous attachons à ce qui procure à l’ensemble (le nageur) une accélération et là, dans cette nage, ce sont les MS qui jouent ce rôle.
Lorsque cette aciération éjecte un corps immergé, on ne peut imaginer que cela puisse se faire sur un corps rigide et indéformable, d’autant plus qu’au terme de ce passage de la tête et des MS au dessus de la surface, il faudra s’immerger à nouveau.
Le caractère ondulant de cette nage s’accompagne de changements permanents de direction. Tantôt favorisée par des appuis des jambes, tantôt initiée par la direction des poussées des MS sur un tronc qui vient de changer d’orientation..
Ce qu’il faut vérifier c’est si à un moment donné les MI sont en mesure d’ajouter de la vitesse à celle qui a été déclenchée par les MS.
Dans cette nage aux accélérations extrêmes et aux freinages qui en sont la conséquence immédiate, la coordination « propulseur – projectile » joue un rôle essentiel.
raymond