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À PROPOS DES VARIANTES

 Lorsque des amis ont bien voulu relire le manuscrit de la natation de demain, plusieurs m’ont proposé de modifier certaines présentations pour leur apporter ce qui à leurs yeux apparaissait une simplification: une tâche principale accompagnée de «variantes».

J’ai résisté à ces propositions sans le justifier. La pédagogie de l’action serait-elle incompatible avec l’utilisation de «variantes»?

En se reportant au lexique, nos visiteurs voudront bien noter le sens de quelques notions indispensables pour échanger sans ambiguïté: «équivalent, identique, comparable, variable et variante».

J.G. par ses questions pertinentes nous invite au dialogue et propose «sa» définition de quelques termes.

( Une synthèse du texte de J.G. : - Avoir un dictionnaire commun est une étape indispensable pour échanger sans ambiguïté. Je tente de préciser:

Pour moi une variante serait une tâche recherchant un progrès de même nature qu'une autre tâche. Par exemple, souffler de plus en plus fort pour obtenir une force d'intensité croissante serait une variante d'une autre tâche consistant à alterner des tractions aux élastiques avec des parcours de nage. Sa fonction serait d'augmenter la probabilité d'apparition de la coordination recherchée.

Une complexification serait une tâche rajoutant des contraintes aux contraintes préexistantes d'une autre tâche. Exemple: Sauter dans l'eau bien droit pour aller toucher le fond avec les yeux fermés serait une complexification de la même tâche effectuée avec des repères visuels. Sa fonction serait d'augmenter la stabilité d'une coordination.

Un passage obligé serait une étape à franchir obligatoirement pour envisager par la suite d'autres constructions. Par exemple s'immerger complètement et rester en apnée plus de dix secondes serait des passages obligés pour construire par la suite la capacité de vivre l'action de l'eau sur son corps. Sa fonction serait de permettre l'acquisition de progrès futurs.

Donc se laisser tomber en restant indéformable bras dans le prolongement du corps n'est sans doute pas une variante. C'est peut être plus une complexification de la tâche similaire bras le long du corps - J.G. ).

Donc, « une variante serait une tâche recherchant un progrès de même nature » ; d’où ma question: progrès équivalent ou identique?

Il propose cet exemple: pour obtenir la mise en jeu d’une force d’intensité croissante = T 1 souffler de plus en plus fort T 2 exercer une traction aux élastiques et revivre la même information en nageant.

Les tâches me semblent de «nature» différentes. La première utilise le tonus musculaire des muscles expirateurs diffusant aux autres muscles. Cette transformation n’est pas consciente. La seconde joue sur la perception kinesthésique d’une force réellement croissante qu’il s’agit de reproduire en nageant et sollicitant l’activité perceptive (on retrouvant la même perception). Ce sont des fonctions différentes qui se trouvent impliquées.

Ce qui est en jeu: c’est la nature du progrès.

Qu’en pensent nos lecteurs?

Comment définir et identifier l’ajout de contraintes à celle d’une tâche déjà prescrite? Il cite l’exemple du saut bien droit pour aller toucher le fond. Et le même les yeux fermés. Le premier suppose déjà une représentation de l’espace d’action (le regard n’étant pas orienté vers la cible (point de rencontre avec l’eau). Y a-t-il changement d’organisation? Passage d’une structure à une autre (genèse de structure)? Ce qui est le propre d’une construction telle celle du nageur. L’idée de «complexification» (le contraire de simplifier) appartient à la vision (la représentation) de l’enseignant et non à la tâche elle-même.

La tâche en raison du but poursuivi pose à l’apprenant un problème qu’il est capable ou non de résoudre. S’il n’est pas en mesure de le résoudre, il convient de changer la tâche.

Par contre accepter de tomber sur les mains à très faible distance du sol, tronc fléchi sur les cuisses et regard orienté vers le point de contact, constitue une tâche initiale facilitant la représentation de ce qui aura été réussi, puis la même chose les yeux fermés sans modifier le positionnement de la tête, peut constituer un préalable à la chute sur les mains la tête étant venue se placer en retrait par rapport aux bras (posture du nageur). Peut-on en déduire que pour l’apprenant il y ait complexification? Trois tâches à envisager selon un ordre. On pourrait évoquer des «variantes» si l’ordre dans lequel on doit les aborder était indifférent. Chaque tâche permettant d’atteindre LE résultat attendu. Ce qui n’est pas le cas.

raymond

 

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