Conditions de l'INTRANSIGEANCE
CELA SE PASSAIT lors du stage de Châtillon.
Un entraîneur B qui avait déjà vécu Ruffec, vint me confier qu'un de ses nageurs N se montrait réticent ou insensible aux (trans)formations qu'il visait.
Il accepta de me le confier et N me fit voir comment il nageait. l'observable immédiat était une tête passablement relevée et agitée latéralement.
Je fis sortir N et, lui donnant une planche à battements (on trouve toujours du matériel en piscine), je lui demandais de frapper de toutes ses forces sur ma tête positionnant mes deux bras au dessus, la tâche lui devenait irréalisable. il pouvait toucher mes bras mais pas la tête protégée.
C'est alors que changeant de rôle, je prends ostensiblement la planche et lui demande de nager près du bord.
à son insu je confie la planche (devenue objectivement inutile) à une personne proche et constate une métamorphose dans sa nage : tête stabilisée et corps aligné, mouvements efficaces pendant le parcours (un peu plus de 20 m.). Ne l'ayant pas quitté des yeux, je fus intrigué par son brusque redressement accompagnant la sortie de la tête de l'eau.
Et une nouvelle hypothèse naissait : le problème de la tête est "second" et se trouve subordonné à sa respiration.
Nouvel échange : comment fais-tu pour reprendre de l'air ? pas de réponse !
Vaut-il mieux relever la tête ou la fléchir sur le tronc pour la faire pivoter ?
Assis au bord du bassin, jambes dans l'eau, je lui demande de pivoter au maximum la tête dans les deux circonstances.
Il en conclue qu'effectivement il lui plus facile de venir prendre de l'air "derrière son épaule" lorsque la tête est maintenue fléchie.
Je lui demande de parcourir un 400m. en respectant cette exigence, et il le réalise sans difficultés.
il est ensuite confié à son entraîneur B, interpellé par la transformation.
Que s'est passé ensuite ? J'avoue avoir été accaparé par d'autres problèmes et n'ai plus suivi le nageur.
Il est fort probable que N ait poursuivi d'autres objectifs oubliant qu'une transformation de ce type exige une stabilisation et de la part de l'entraîneur une intransigeance pour exiger le possible.
Lors du test final, sur 1500m. ce nageur en était revenu à ses structures antérieures réalisant une mauvaise performance.
Je ne sais si le récit de cet événement attirera l'intérêt des entraîneurs.Il a été pour moi un moment de réflexion capital en ce qui concerne la prise d'information "complète" pour repérer l'obstacle RÉEL.
Une lecture sommaire aurait identifié un obstacle postural en réalité subordonné à un obstacle ventilatoire.
Nos amis entraîneurs sont invités, s'ils le veulent bien, à nous faire part des "observables" dont ils usent pour choisir les tâches qu'ils ont vérifié être pertinentes.
raymond