DEVENIR MEILLEUR NAGEUR A L'ECOLE
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REMERCIEMENTS et INCITATION
Nous remercions très sincèrement la revue CONTRE PIED, publiée par EPS et SOCIÉTÉ de nous accorder l’autorisation de présenter le texte qui suit, extrait de son n° 7 Octobre 2000 et auquel nous incitons vivement nos lecteurs à se reporter.
Il s’agit d’un numéro très riche en articles, consacré à la natation et dans lequel des enseignants/auteurs présentent leur point de vue.
Nos amis lecteurs sont invités à réagir à la lecture, encore trop « actuelle » de la problématique soulevée. Puissent-ils mesurer l’écart abyssal entre les propositions de l’an 2000 et les instructions officielles de janvier 2012 ! Considérer ce que sont encore les formations à la lumière et à l’image des questions posées par de sympathiques étudiants désireux de connaître la natation de leur époque, pour qu’ils mettent en œuvre la « natation de demain ».
A tous bonne lecture !
DEVENIR MEILLEUR NAGEUR A L'ECOLE
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Lorsque la revue m'a incité à dire comment je concevais "le savoir nager scolaire", je n'ai pu cacher combien cette formulation semblait peu appropriée. Si je lui préfère " Devenir (meilleur) nageur à l'école ", c'est que trop souvent le savoir est opposé au " non savoir " et porte en lui une nuance d'absolu et de résolu. Devenir nageur, c'est au contraire entrer dans un processus jamais achevé d'adaptation de plus en plus complet, de plus en plus fin des activités humaines déployées dans l'eau.
Introduction
De nos jours, l'ensemble des pratiques d'enseignement en piscine demeure placé sous le signe de la pédagogie traditionnelle.
L'utilisation massive d'accessoires tend à contourner les difficultés, à masquer la réalité de problèmes au demeurant simples à résoudre dès lors qu'ils sont objectivement identifiés. Elle fausse par ailleurs les relations authentiques de l'homme et de l'eau. A une conception passive de la sécurité il est plus judicieux de proposer de construire une sécurité active faite de la conscience des effets du comportement et du choix des situations à vivre. La peur ou la phobie, si souvent évoquées, se ramènent presque exclusivement à " l'incertitude posturale " lorsque les solutions à la récupération de l'équilibre ne sont pas encore acquises.
L'apprenant doit pouvoir prendre des risques en toute sécurité et ne pas faire n'importe quoi, n'importe quand et n'importe où. La plupart des enseignants qui se réclament d'une " approche ludique " le font au détriment des contenus.
Toutes les dimensions des pratiques institutionnelles (natation synchronisée, plongeon, water-polo) s'offrent à l'enseignant dont la référence se limite aux aspects formels. Est-il préférable d'opter pour une telle diversification ou pour une différenciation dans la natation (locomotion dans l'eau), très riche et porteuse de possibilités ultérieures d'intégration dans les disciplines associées ?
En fonction de la diversité des conditions d'accès aux piscines et des politiques communales, les opportunités individuelles de formation et les cursus vécus conduisent à la plus grande hétérogénéité. Il en résulte une efficacité très relative.
Identifier et comprendre le fonctionnement du nageur constitue une étape nécessaire et décisive pour dépasser la pédagogie fondée sur les aspects visibles, les apparences des nages et rendre possible, non leur reproduction mais leur construction.
1. Comment problématiser ?
Lorsque le débutant aborde l'élément liquide pour y déployer une activité, il la réalise à partir d'une organisation posturale, motrice et cognitive qu'il s'est préalablement construite en fonction de la quantité et de la diversité des activités vécues sur terre. L'apprentissage en natation comporte (chrono)logiquement deux étapes : la construction du " corps flottant ", la construction du " corps projectile-propulseur " intégrant des solutions ventilatoires pour nager plus loin et éventuellement plus vite.
1.1 Quels problèmes résoudre pour devenir nageur ?
1.1.1. Construction du corps flottant :
Pour devenir " marcheur ", l'être humain s'est progressivement construit la capacité de se tenir érigé.
L'équivalent dans l'eau de la station droite, c'est la construction du " corps flottant " qui se traduit par la capacité de ne rien faire (n'avoir aucune réaction) pendant le temps de plusieurs échanges ventilatoires.
Sur terre comme dans l'eau, il convient de s'organiser par rapport à la permanence de forces externes " non régulables "; sur terre c'est la force de gravité et dans l'eau, l'action combinée de la pesanteur et de la poussée d'Archimède.
Cependant une différence essentielle doit retenir notre attention :
- sur terre, notre équilibre est instable, c'est à dire que lorsque la verticale du centre de gravite (CG) sort du polygone de sustentation, la chute devient inévitable, irrécupérable. De nombreux mécanismes involontaires entrent en jeu pour que notre activité d'équilibration nous maintienne " debout ", nous préservant de la chute.
- dans l'eau, l'action conjuguée des forces de gravité et de la poussée d'Archimède (PA),nous procure un équilibre stable. L'orientation donnée à notre corps résulte de l'alignementvertical du CG et du centre de Poussée (CP). Pour une forme donnée du corps, cettedirection nous est imposée sans que nous ayons à agir.
Construire le corps flottant, c'est confier la totalité de son corps aux effets des forces ci-dessus évoquées et donc s'immerger complètement pour en prendre peu à peu conscience.
Il faudra ensuite trouver la forme qui nous donne l'orientation voulue.
L'immersion totale n'est pas " acceptable " d'emblée. Elle nécessite la construction de la représentation de l'espace d'action (sous la surface), distinct de l'espace de vision (au-dessus de la surface pour le débutant). Emotionnellement elle se trouve associée à la crainte de l'engloutissement et parfois du " remplissage " qu'il faudra éliminer.
Vivre les conditions de l'équilibre stable, c'est accepter n'importe quelle orientation du corps sans laisser intervenir les mécanismes terriens involontaires de " redressement ".
1.1.2 Locomotion dans l'eau ou construction du corps projectile-propulseur :
Nager, c'est à la fois passer à travers l'eau pour être le moins possible freiné et pouvoir prendre appui périodiquement sur des masses d'eau pour communiquer à l'ensemble du corps des accélérations destinées à compenser les freinages.
Passer efficacement à travers l'eau c'est faire coïncider le grand axe du corps et celui de la trajectoire de déplacement sous la surface.
Cela suppose une direction de déplacement perpendiculaire à l'axe de vision et la reconstruction des rapports de " l'espace d'action et de l'espace du sujet ". Ce qui par rapport au sujet debout était le haut devient l'avant, ce qui était l'avant devient le bas, ce qui était le bas devient l'arrière. Dans de telles conditions d'orientation du corps la logique natatoire devient " la traction avant " qui doit se substituer à la poussée des jambes (la brasse échappe à cette logique et demeure une nage " terrienne ").
Se déplacer sous la surface diminue considérablement les résistances *1 mais pose le problème des solutions ventilatoires à adopter. L'acquisition de ces dernières peut être différée jusqu'au moment où les limites de l'apnée deviendront un obstacle pour accroître la distance nagée.
Pour assurer son déplacement, le nageur assigne à l'ensemble ou aux parties de son corps, la fonction de masse à déplacer, de source d'énergie, de moteur, de propulseur, de gouvernail. La nage intègre l'ensemble de ces différentes fonctions.
Les propulseurs ne peuvent qu'agir de façon discontinue en exerçant leurs poussées sur des masses d'eau.
Leur forme et leur mobilisation doivent respecter certaines caractéristiques pour que les poussées soient efficaces. Elles supposent un axe corporel rigidifié relativement indéformable dans les nages alternées et ondulant dans les nages simultanées.
1 La résistance de vague est en effet estimée supérieure à la résistance frontale au déplacement du corps dans l'eau.
1.2 Quelle stratégie pour résoudre l'ensemble des problèmes ?
Pour l'efficacité de l'action pédagogique il semble indispensable d'envisager une hiérarchisation et une chronologie des problèmes que l'homme rencontre pour devenir nageur. Il s'agit donc d'identifier le problème à résoudre pour franchir chaque étape de la construction du nageur puis de repérer la nature des obstacles (psychologique, physique, physiologique) correspondant aux situations pédagogiques.
Il faut commencer par ce qui est essentiel et déterminant. La construction du nageur est envisagée de telle manière que chaque découverte soit une étape qui prolonge la précédente et s'insère dans la suivante.
Un exemple en est donné dans le film Digne Dingue d'Eau *2 . L'initiation commence en grande profondeur pour construire d'emblée les solutions au passage de l'équilibre instable du terrien à celui, "physiquement" stable du nouvel équilibre dans l'eau. La stratégie pédagogique consiste à proposer des situations dans lesquelles, lorsque le but des actions est atteint, les représentations (les idées fortes) se trouvent contredites par les faits, (par exemple, aller toucher le fond pour vérifier que la profondeur est " finie ", rester au fond pour se rendre compte que la force de l'eau (P.A.) fait remonter, ouvrir la bouche toute grande, (face orientée vers le bas) pour vérifier que l'eau n'entre pas,...etc.
2 Ce film illustre, les propositions d'auto-socio-construction de leur natation par une classe de 30 enfants de 8-9 ans pendant 15 séances.
Ce qu'il faut privilégier :
L'organisation posturale doit être envisagée dans un premier temps par rapport aux forces entrant en jeu dans la statique (lorsque le corps n'est pas en déplacement) et dans un second temps par rapport aux forces qui s'opposent aux déplacements (et qui n'existent que parce qu'il y a déplacement).
Nous verrons qu'il s'agit alors d'un corps rigide, aligné, indéformable, orienté à l'horizontale sous la surface.
Pour parvenir à cette organisation posturale maîtrisée, il faudra que les informations sensorielles et sensitives qui nous renseignent sur nous et sur notre environnement ne soient pas parasitées ou même faussées. En effet, construites par rapport aux effets de la seule pesanteur lorsque l'on se trouve sur terre, l'entrée en jeu, dans l'eau, de la P.A. fausse toutes les interprétations des informations kinesthésiques. Il faut réapprendre en totalité à les analyser dans la situation nouvelle et se construire " un schéma corporel " aquatique pour que s'établissent les justes rapports entre l'espace du sujet et l'espace d'action. Pour conserver l'alignement et l'horizontalité du corps, deux solutions apparaissent dont le choix comporte des conséquences lourdes : soit on " positionne " la tête qui pilote le corps dans un équilibre " a priori ", soit on utilise l'action des jambes pour trouver en arrière un appui destiné à annuler l'enfoncement de cette partie du corps. Cet équilibre " a posteriori ", coûteux en énergie, gaspille beaucoup de temps dans les séances traditionnelles (travail de battements à la planche).
Par où commencer ?
Le temps est révolu où l'on affirmait qu'il faut commencer par " une nage de base " la brasse pour envisager éventuellement ensuite les nages dites " sportives ". On vérifie qu'il est plus aisé d'aborder toutes les nages dans ce qu'elles ont en commun dans leurs mécanismes fondamentaux.
Mais nous l'avons vu, il faut assez tôt organiser une " systématique des relations " de l'homme et de l'eau et ne pas penser que le hasard des rencontres avec le milieu s'en chargera. C'est un aspect important de la dimension informationnelle des apprentissages.
On commence par ce qui est déterminant psychologiquement et physiquement.
Concrètement on peut dire que, une fois la construction du corps flottant acquise, la construction du " corps projectile " doit précéder et rendre plus aisée la construction du " corps propulseur ". On gagne un temps précieux si on décide que le plongeon de départ avec une sortie des pieds au delà du changement de couleur des lignes de nage (à 5m du bord) doit être considéré comme le critère de réussite de la construction du " corps projectile ".
Le plongeon de départ suppose réalisées toutes les conditions de la posture *3 du nageur lorsque les orteils quittent le plot ou le bord du bassin. Il est " anticipation posturale ".*4. Le nageur se trouve déjà en l'air comme il devra être dans l'eau.
Le temps passé et non perdu lors de cette construction sera largement regagné lorsque l'on abordera ensuite l'organisation des solutions propulsives à partir d'un axe corporel stabilisé.
Ce qui correspond au " patron moteur " de base nous incite à privilégier l'alternance pour les premières actions propulsives. L'orientation ventrale du corps les situe dans un espace " familier " habituellement contrôlé par la vision, même si les retours au dessus de la surface doivent lui échapper. La fixité de la tête en immersion facilitera la dislocation du bloc tête épaules pour que ces dernières participent pleinement aux mouvements des membres supérieurs et permettent " le jeu de l'épaule dans la recherche de la profondeur et de l'amplitude ".
Dans un premier temps on aura tout intérêt à exploiter et renforcer les capacités d'apnée et d'expiration prolongée pour utiliser plus longtemps les conséquences bénéfiques de la fixité de la tête en immersion sur les coordinations des membres.
De temps à autre l'entrée en jeu des mêmes actions en simultané peut être associée à ce qui vient d'être construit. C'est l'occasion de vérifier que les mêmes règles d'action sont à respecter. Ensuite, ce que l'on réalisé sur le ventre peut s'expérimenter sur le dos.
(Fonctionnement selon les principes respectés ou découverts par les apprenants).
Les frontières entre ces différentes modalités doivent progressivement s'estomper, mais il faut noter que la nage ventrale alternée demeure celle qui nécessitera et développera la construction des solutions ventilatoires indispensables aux progrès en distance et en qualité.
3 C'est selon A. Fabre, une " organisation antérieure à l'acte et prête à se manifester "; c'est " une position particulière du corps et une disposition des différentes activités musculaires et physiologiques en vue d'une action imminente ". (Sous l'effet d'une intention).
4 La comparaison de " Digne dingue d'eau " (1977) et de " Apprendre et nager autrement " (1999), montre à l'évidence que " les ébauches de plongeon de départ " du premier film pouvaient avantageusement être réalisées avec des exigences plus grandes.
1.3 Quels contenus ?
La référence à une analyse de la haute performance permet de dégager les caractéristiques des formes les plus élaborées (le haut niveau d'organisation), qui sont également les plus simples, du fonctionnement des nageurs. Elle rend possible la création d'un modèle théorique fort utile pour déterminer les thèmes et les étapes de la construction des nageurs. Ce modèle de fonctionnement, sous forme de structure rend compte de l'interaction de ses composantes qui au cours des transformations (les étapes de la formation du nageur), deviennent subordonnantes ou subordonnées.
Le " Principe de l'action de nager " concerne aussi bien le débutant que le meilleur nageur, tandis que les " niveaux de l'organisation locomotrice du nageur" permettent de situer chacun dans la construction de sa natation.

NIVEAUX D'ORGANISATION LOCOMOTRICE DU NAGEUR
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Le sujet entre dans l'eau et s'y déplace avec le regard à l'horizontale. L'orientation de l'axe du corps conserve une obliquité marquée. La dominante organisatrice est posturale et pose le problème de la construction du " corps flottant ".
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Le sujet entre dans l'eau " par la tête " L'orientation du corps a dépassé l'horizontale (tête plus basse que les pieds). Il se profile dans l'eau pour atténuer les résistances Construction du " corps projectile ".
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La distance de déplacement parcourue par le sujet reste tributaire de ses capacités d'apnée(s). La fonction locomotrice reste subordonnée aux capacités ventilatoires. Ebauche du " corps propulseur "
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En se coordonnant les solutions ventilatoires et motrices permettent eu nageur de se déplacer de façon continue sur des distances croissantes. Stabilisation du " corps propulseur ".
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Le nageur adapte ses actions propulsives à la spécificité du substrat. Les poussées s'exercent sur des masses d'eau importantes en force croissante. Recherche et obtention du meilleur rendement. Efficacité propulsive.
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Le nageur gère sa puissance en fonction des résultats à atteindre. Il est capable de nager à vitesse constante et même à vitesse croissante.
Ce que l'apprenant doit transformer en lui
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la perception de l’espace d’action et de son propre corps
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ses représentations liées à la culture natatoire dominante
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il doit échapper aux mécanismes qui orientent son corps en fonction de la perception de la direction de la pesanteur par les récepteurs spécifiques de l’oreille interne.
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l’orientation du corps ( de son grand axe) ne sera plus perpendiculaire à l’axe de déplacement mais confondue avec lui
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une capacité de s’engager dans un espace représenté et non plus perçu visuellement en permanence (cible et trajectoire)
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une posture pilotant le corps aligné sous la surface et offrant des points d’appui résistants aux propulseurs des moteurs.
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trouver et utiliser des appuis dans les conditions nouvelles que procure le fluide.
Marey , disait déjà : “ Tout autre est la locomotion des animaux aquatiques. Pour eux, le point d'appui est un liquide qui se déplace et consomme en pure perte, une partie plus ou moins grande du travail musculaire dépensé ”.
Ce qu'il doit apprendre
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dans un premier temps : à se situer dans une relative apesanteur et y reconstruire tous ses repères.
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que dans l’eau on ne tombe pas
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à se laisser équilibrer et trouver la forme du corps au lieu de vouloir “ choisir ” une orientation-
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à accepter de “ dépasser l’horizontale ” épaules plus basses que le bassin, tête en dessous des pieds
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à partir de son orientation horizontale reconstruire un “ avant ”, un “ bas ”, un “ arrière ”, un “ haut ” objectifs (par rapport à l’espace d’action et non plus par rapport à son propre corps vertical). Cet aspect indispensable met du temps à se stabiliser (voir à ce sujet : “ Apprendre et nager autrement ”) Problème insuffisamment résolu par des nageuses de club.
-
L’accélération du corps se traduit par une résistance croissante, la force propulsive qui doit la compenser doit s’exercer en intensité croissante (originale par rapport à l’intensité constante déployée sur terre)
-
organiser une partie de son train supérieur en “ propulseurs ” en l’occurrence avant-bras et main pour “ mettre en mouvement ” des masses d’eau importantes .
Quelles tâches ?
Tout ce que l’élève doit apprendre et transformer en lui ne peut l’être qu’à travers son activité et la conscience qu’il en prendra.
La “ réussite en action ” précède et rend possible une prise de conscience. La logique “ réussir pour comprendre ” prévaut.
Pour atteindre un objectif de transformation, une des difficultés pour le maître consiste à imaginer la tâche déterminante ou une suite de tâches à proposer aux élèves. La notion d’action est centrale, en suivant particulièrement sa définition piagétienne. Le passage de l’exercice (dont le maître connaît la solution) à la tâche définie par le but à atteindre (ce qu’il faut réussir) constitue le critère de la pédagogie fondée sur l’action *5 et porteuse de sens pour l’élève.
C’est la poursuite du but qui suscite, déclenche, aménage, ajuste, organise les coordinations au cours de l’activité. Les coordinations ne s’enseignent pas en tant que telles.Elles sont générées par l'activité elle même pour que le but des actions soit atteint immédiatement ou à travers plusieurs tentatives. Nous invitons les lecteurs pour qui cette notion ne serait pas familière à voir ou revoir les productions vidéo dont il est question dans ce texte. L'apprentissage d'un geste moteur nouveau, passe selon J. Paillard *6, par trois étapes :
-
la dislocation des blocs fonctionnels (ce que l'on apprend se réalise à partir et aux dépens de ce que l'on fait déjà)
-
la patiente recherche des solutions motrices efficaces (coordinations internes évoquées par Piaget dans la poursuite du but)
-
leur stabilisation dans des automatismes qui la rendront moins " coûteuse " en énergie. Repérer et identifier ces étapes au cours de la formation des nageurs facilitera la construction et la conduite des séances.
5 “ Les praxies ou actions... sont des systèmes de mouvements coordonnés en fonction d’un résultat ou d’une intention ”. Cette définition piagétienne que l'on ne retrouve pas dans les dictionnaires, nous semble un outil précieux.
6 L'acte moteur comme facteur d'adaptation et de progrès évolutif " Conférence au Colloque de la F.S.G.T. "Sport et Progrès de l'Homme" 1975.
2. Evolution des techniques de nage aujourd'hui :
Elles semblent caractérisées par la gestion de la puissance et la recherche du rendement.
2.1 Evolution des techniques de nage :
Une analyse fidèle et précise de l'évolution de la technique des nageurs suppose l'utilisation d'un cadre de référence pertinent, la qualité des événements (haute performance) et la fréquence des observations aussi bien en direct qu'en différé (à partir d'enregistrements). Ma situation actuelle limite au second aspect les possibilités d'évaluation mais elle comporte de plus en plus l'avantage de pouvoir mieux repérer ce qui se produit sous la surface. Elles m'autorisent à penser que d'une manière générale, les nageurs les plus performants sont ceux qui recherchent la meilleure immersion et l'intérêt pour les études sur les effets de vagues tendent à confirmer l'importance de cet aspect.
On peut également constater toute l'importance de la distribution spatiale et rythmique des actions propulsives. Si le terme "nagée" = espace qu'on parcourt en nageant à chaque impulsion donnée au corps *7 a disparu de nos dictionnaires actuels, son équivalent technique "distance par cycle" est devenu un repère objectif de l'efficacité de nage. Il obnubile les entraîneurs qui se cantonnent dans le monde des aspects visibles. Ne commettons pas l'erreur de penser qu'il est une cause, il est l'effet observable de la puissance de propulsion intégrée à la capacité de glisser "sur son erre" *8 (inertie qui nous renvoie au 1er principe de Newton). La préoccupation de mieux comprendre "le patron moteur" des nageurs semble juste.
7 Larousse élémentaire illustré 1940.
8 Vitesse acquise d'un corps sur lequel n'agit plus le propulseur.
2.2 Analyse des Productions techniques écrites :
Deux conceptions cohabitent et s'opposent :
- celle qui subordonnerait la pédagogie à la technique et qui ne s'est pas encore complètement détachée de la " connaissance - copie " liée au caractère descriptif des la connaissance " technique ", elle est repérable immanquablement au fait qu'elle considère qu'il y a " des défauts à corriger " et que l'on peut " enseigner les coordinations "
- celle qui subordonne la technique à la pédagogie repérable au fait qu'elle envisage le fonctionnement du nageur à travers ses actions intégrant la mise en œuvre des différentes fonctions. Pour elle, les actions sont acquises (apprises), finalisées (poursuivent un but), cohérentes (ne comportent pas de défauts).
Biomécanique
Les analyses des nages se réalisent désormais aisément sous la surface. Elles nous permettent de mieux observer les gestes des nageurs. Deux procédures sont utilisées selon que la caméra " suit " le nageur dans son déplacement ou qu'elle est fixe. Pour analyser les gestes, on évoque dans le premier cas un référentiel d'espace " égocentré " (le point fixe est choisi arbitrairement sur le nageur), ce qui nous renseigne sur les mouvements du nageur, et dans le second cas d'un référentiel " exocentré " (le point fixe est extérieur au nageur. En multipliant les caméras synchronisées on peut reproduire une image en trois dimensions.
Dans le cas où le référentiel est exocentré les trajectoires des points observés du propulseur sont une combinaison de leur propre déplacement et de celui su nageur. Les vitesses horizontales s'additionnent lorsque le sens du déplacement du propulseur est le même que celui du nageur et doivent se soustraire lorsque leur sens est contraire (phase propulsive). Les " balayages " traduisent en réalité des combinaisons de déplacements à ne pas confondre avec les mouvements des propulseurs que le nageur réalise.
2.3 L'entraînement :
Dans les pratiques d'entraînement, la recherche de l'amplitude ou de la distance parcourue pas cycle est une préoccupation constante et générale. Nous avons vu plus haut ce qu'elle représentait.
La tendance (encore trop timide) voit diminuer le travail en trains séparés avec les accessoires traditionnels leur correspondant (planches, pull-buoy) au profit des parcours en nage complète avec l'accent sur tel ou tel aspect.
Dans la périodisation de l'entraînement les principes de continuité, de progressivité, d'alternance se retrouvent.
On peut retenir, quelles que soient les distances nagées, qu'en deçà d'une certaine intensité, l'entraînement ne produit aucun effet. La vitesse de référence, pour des distances longues nagées sans le moindre arrêt, ne doit en aucun cas inférieur à 80 % de la vitesse maximale sur 100 m. Pour réaliser un parcours à la plus grande vitesse possible, le nageur entraîné doit réduire de 5 % sa vitesse chaque fois qu'il double sa distance nagée.
Au stade des pratiques scolaires il semble impossible d'atteindre des distances quotidiennes de 3000 m. au minimum. Il faut donc mettre l'accent sur le geste juste, sur l'efficacité ou rendement. On pourra constater que le travail systématique du corps projectile caractérisé par un nombre très réduit de " coups de bras " par longueur de bassin se révèle très payant. C'est qu'en effet, se laisser glisser longtemps fait perdre de la vitesse qu'il faut regagner par des impulsions plus intenses. Projectile et propulseur sont dialectiquement liés.
2.4 Intéressant pour l'enseignant d'EPS :
Lorsque je fais explicitement référence à la haute performance, c'est parce que je découvre en elle les solutions les plus élaborées pour nager économiquement et efficacement. En effet, dans la compétition il faut nager "juste " et ne pas gaspiller son énergie en pure perte. Cela intéresse tout le monde. En outre, développer et gérer sa puissance est plus spécialement réservé à la pratique sportive et ne concerne guère la natation scolaire. Le modèle " E.R.P. " demeure encore vivace chez beaucoup d'enseignants. Celui que nous lui avons substitué en y intégrant la dimension informationnelle semble moins fécond que celui proposé dès 1992 et qui actuellement semble devoir être préféré.
Le " principe de l'action de nager " se retrouve chez le débutant comme chez le champion.*9 Lorsque pour mieux comprendre la nage, on évoque les lois physiques, il est utile de songer que la poussée d'Archimède constitue une réalité en ce qui concerne le "corps flottant" (nous sommes dans l'hydrostatique) et que pour le déplacement il est judicieux de prendre en compte les trois principes de Newton :
• l'inertie = tendance du corps à conserver sa vitesse et sa direction
• la force = accélère la masse
• Action = Réaction (dans la même direction et en sens contraire. Trop souvent en effet, seule cette dernière "loi" est évoquée.
Les " niveaux de l'action de nager " constituent des repères arbitraires mais utiles pour fixer des objectifs de transformation ou caractériser des étapes dans la formation des nageurs. Les trois premiers niveaux concernent la pratique scolaire qui gagnerait à les prendre en compte.
9 DIRE en APS n° 42 p 27.
3. Comment "lire" un nageur ?
Question : Comment lire une nage ? Sur quoi centrer son observation ? Ou " qu'est-ilintéressant de repérer lorsque l'on souhaite améliorer le comportement et l'efficacité d'unnageur" ?
On peut considérer la hiérarchisation suivante :
Deux registres =
• Le postural : à envisager dans l'ordre "céphalo-caudal" (de la tête aux pieds)
1. Tête fixée et le plus immergée possible dans les nages alternées, mobile dans les nages simultanées pour assurer le pilotage du corps.
2. Dislocation du bloc tête épaules pour mieux utiliser les épaules en direction de l'amplitude et/ou de la profondeur (les épaules "font partie" de la main) lorsqu'on mobilise ces dernières.
3. Pas de fesses sorties en nage sur le ventre ou cassées sur le dos; pas de bassin " baladeur " à droite et à gauche et donc utilisation des pieds (face supérieure) pour réaligner par rapport à la surface ou latéralement. Dès que possible obtenir une tonification de l'axe corporel.
• Le propulsif : commencer par bien situer retours et phases actives
Nages alternées =
1. dans l'espace,
2. dans le temps et
3. dans les coordinations.
les retours relâchés, lancés, rapides
pour la phase active, pas de rupture entre "compression" et "explosion". Veiller à ce que l'explosion ne commence pas au delà de la verticale de l'épaule.
Nages simultanées =
Toujours bien repérer leur fonction par rapport à l'orientation du tronc. L'éjection ou le redressement du corps est à réinvestir dans la propulsion (inertie).
Question : Quels indices retenir pour évaluer les acquis dans les niveaux ?
Il me semble qu'il convient de bien distinguer
-
les "critères de réussite" liés à la réalisation des tâches, connus des élèves et du maître
et
-
les "critères de performance acceptables" à partir desquels on estime pouvoir aborder un objectif ponctuel nouveau, critères arbitrairement décidés par le maître en fonction de son expérience.
4. Filmographie :
Une récente production " Apprendre et Nager Autrement "*10, prolonge et complète " Digne
Dingue d'Eau " tourné en 1977.
Si Digne dingue d'eau concerne une population d'enfants de 8 - 9 ans, non nageurs dans leur forte majorité, la nouvelle production relate l'activité déjeunes nageuses de 12 ans qui abordent l'entraînement et s'orientent vers la confrontation sportive.
D'un film à l'autre, c'est la même conception de la formation des nageurs, certes actualisée au niveau des connaissances pour le plus récent, mais avec des exigences accrues pour obtenir les transformations visées et plus de rigueur dans la poursuite des objectifs.
Pour qui les (re)verra, les images permettent de repérer objectivement des niveaux de fonctionnement à partir desquels on peut envisager un progrès dans une direction déterminée et donc, poser un problème nouveau dans la réalisation de tâches données.
Pour être opérante, une tâche doit être proposée à partir d'un niveau repéré d'organisation et viser une transformation accessible.
On notera à propos de Digne Dingue d'Eau, que les 15 heures passées en piscine sont vues en 30 minutes. Le gros avantage des vues sous la surface est de nous montrer comment fonctionnent les apprenants et quelles sont les transformations repérables, liées aux caractéristiques des tâches et à leur enchaînement.
Dans "Apprendre et nager autrement"*11, on verra également ce que les procédures transforment de manière spectaculaire mais il faudra les resituer dans les phases 1 et 2 définies par J. Paillard (dislocation des blocs fonctionnels = 1 et patiente recherche des solutions motrices efficaces = 2)
En une semaine de travail biquotidien nous n'avons pas obtenu leur stabilisation (3).
10 Réalisé au cours d'un stage de nageuses en février 1999 à Megève avec le précieux concours de Marc Bégotti (entraîneur des équipes de France) Produit par la Fédération Française de Natation et le Service Cinéma de l'INSEP, où ils peuvent être commandés.
11 La version définitive qui n'était pas encore disponible lors de l'écriture de cet article comporte quelques anomalies et une séquence aberrante à occulter pour conserver la cohérence de l'ensemble. Parmi les anomalies signalons une inversion dans le déroulement des séquences relatives à la construction du plongeon de départ, la logique pédagogique veut que l'activité des nageuses soit réalisée et leur point de vue formulé avant que le maître propose sa version. C'est exactement le contraire qui apparaît au montage. En ce qui concerne la tâche aberrante, c'est celle qui montre un "exercice" dans lequel la nageuse se propulse d'un bras, l'autre restant collé au corps. Cette organisation déséquilibrante, fausse la posture et ne peut faire progresser dans la cohérence et l'efficacité de nage. Elle fait partie du "folklore pseudo pédagogique" inspiré par la conception traditionnelle qu'il est préférable d'abandonner dans l'intérêt des élèves.
Raymond CATTEAU mai 2000
ARTICLE PARU DANS LA REVUE
CONTRE PIED
N° 7 octobre 2000 pages 11 à 16
Publié par EPS ET SOCIETE 76, rue des Rondeaux 75020 Paris
Tel = 0144628228 Fax = 0143667263
Position allongée, étoile de mer et flottabilité REPRÉSENTATIONS ET RÉALITÉS - Les CONCEPTS PERNICIEUX IMPORTÉS
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Position allongée, étoile de mer et flottabilité
REPRÉSENTATIONS ET RÉALITÉS - Les CONCEPTS PERNICIEUX IMPORTÉS
Il y a quelques jours, un jeune en formation m’adressait un message que j’ai interprété comme fortement teinté d’inquiétude et presque de détresse. C’est, je pense, une personne particulièrement impliquée attentive à ce qui lui est apporté en cours et curieuse en outre de compléter sa formation par des lectures.
Après ce qu’il vient de lire dans la Natation de Demain : « La flottabilité est un problème de densité relative du substrat et du corps en relation avec le substrat. La densité, pour les corps solides et les liquides est le rapport entre la masse volumique du corps et celle de la masse de l’eau mesurée dans des conditions précises de température, qui sert de référence (un décimètre cube et un kilogramme).
Sa question est ainsi formulée : « Voulez vous dire que la surface corporelle n'est pas élément discriminant comme indique le site ? » Manifestement, son formateur vient de lui dire le contraire.
D’où cette nouvelle question : « Que se passe t-il si je passe de la position allongée bras dans le prolongement du corps à l’étoile de mer, vais-je améliorer ma flottabilité ? ». Comment un responsable en formation peut-il encore de nos jours propager de telles absurdités ?
Le problème se doit d’être correctement posé du point de vue de la physique dans le domaine de la « statique » lorsque des forces agissant sur le corps « C » dans le liquide « E » s’annulent. La force s’exerçant sur le corps C est la pesanteur et son point d’application le centre de masse ou géométrique. L’intensité de 1 g, la direction (la verticale) ; le sens de haut en bas. Simultanément, et parce qu’il est immergé, le corps C reçoit du liquide, selon la même direction mais en sens contraire une autre force : la « poussée d’Archimède » dont la grandeur est égale « au poids du liquide du volume déplacé (celui occupé par le corps C ; le point d’application se situant « au milieu géométrique du volume déplacé et appelé : « centre de poussée ».
Que « déclenche » une transformation du corps C ? Changement de forme dans l’espace : par exemple « Que se passe t-il si je passe de la position allongée bras dans le prolongement du corps à l’étoile de mer » ? Question : un écartement des membres supérieurs et inférieurs de l’axe du corps modifie-t-il la masse du corps C (et son poids) ? En toute logique il faut répondre NON ! Question complémentaire : « en modifie-t-il la VOLUME ? » Si le déplacement des membres supérieurs entraine une modification des courbures vertébrales et particulièrement celles de la région dorsale la réponse probable est OUI !
En conséquence si l’une des composantes VOLUME/MASSE est modifiée, le rapport volume/masse ou DENSITÉ se trouve modifié. Augmentation du volume pour une même masse implique diminution de la densité et accroissement de la flottabilité.
Lorsque l’on examine isolément la densité de l’eau et celle du corps C dans laquelle ce dernier est immergé, on a tendance à les considérer dans leur « immédiateté » et par conséquent leur « invariabilité ». MAIS si l’on interroge leur réelle variabilité, complexité et interdépendance, on est amené à prendre en compte ces dernières réalités.
Un corps flottant stable (ne présentant que peu ou pas de variations de l’horizontalité des épaules) fut longtemps préconisé par les « techniciens » bien que la brasse ait déjà perdu sa suprématie dans les pratiques. Si nous les interrogeons dans leur évolution et leurs formes les plus élaborées et singulièrement celles des nages alternées, nous sommes interpellées par l’importance du roulis, à la limite de la verticalité du plan des épaules, chez les meilleurs nageurs. Voir « La Natation de Demain » pages : 54 (3 images) et 56 (fig.3). On retrouve des valeurs comparables en crawl au moment où le « grand dorsal » développe sa puissance maximale. Cette capacité à gérer l’équilibre autour du roulis n’est pas à combattre mais à rechercher. L’étoile de mer irait donc à contre-courant de ce qu’il convient de développer.
Chacun s’est progressivement construit un ensemble de notions à l’approche de nombreux domaines sans nécessairement tenir compte de leur spécificité. C’est ainsi que très souvent se trouvent utilisées des notions logiquement absentes d’un domaine donné mais empruntées à un autre (et importées) . Elles ont l’apparence du vrai, du savant et s’immiscent d’autant plus facilement dans le langage. Par exemple la confusion est fréquente entre l’hydrostatique et l’hydrodynamique lorsque pour la première on emprunte des notions spécifiques à la seconde, telles la forme et la surface. La formule de la résistance aux déplacements faisait référence aux caractéristiques de forme pour attribuer une valeur donnée au fameux « K » (coefficient de forme) impliqué lorsque l’on évoque le déplacement d’un solide indéformable dans un liquide. C’est ainsi que pour un même maître couple, de la forme de la « goutte d’eau » à celle du « disque plat » le coefficient va croissant. De même, évoquer « le point d’appui » d’une surface déplacée dans l’eau relève de la même incohérence. Il faut lui substituer la notion de « masse d’appui ». Autre erreur coupable, emprunter à un fluide gazeux compressible le concept de « pression » (produit constant du volume par la pression) pour évoquer l’effet d’un déplacement d’une surface dans un liquide « incompressible ». Il résulte de ces pratiques incontrôlées le flou des mots utilisés dans les définitions, des imprécisions dans la représentation des structures, des erreurs dans l’idée que l’on se fait du fonctionnement.
Par défaut de vigilance, la pensée spéculative irrationnelle vient immédiatement se substituer à la pensée rationnelle et à ses conditions : « définition de l’objet » (ce dont on parle), « rigueur du jugement », « rigueur de la conduite du raisonnement » et surtout « administration de la preuve », pour laisser libre cours à l’idéologie (monde imaginé) sur lequel on va intervenir en se donnant l’illusion que l’on est en présence des réalités.
2 Janvier 2018
raymond
A propos du stage de Narbonne : un mouvement en spirale de l’action à la réflexion
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A propos du stage de Narbonne :
un mouvement en spirale de l’action à la réflexion
Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force Ni sa faiblesse ni son cœur. (1)
Ces vers d’Aragon traduisent mon trouble à l’issue de la première journée de stage. Je pensais la démarche instruite par Raymond CATTEAU comme installée, ordonnée dans ma propre démarche comme le sont les passages obligés dans le traitement didactique ; il en fut tout autrement. Que ce soit le thème portant sur l’analyse fonctionnelle du nageur ou celui de l’opportunité des passages obligés, j’étais en défaut de connaissances alors que je pensais en être prémuni ; d’autant que Mauro déclarait : « je n’ai pas de passages obligés » (2), achevant de me déstabiliser. N’avais-je rien compris, ni assimilé les écrits de Raymond CATTEAU ? Ma pratique s’en écartait-elle au point de trahir, de travestir sa pensée ?
Les allers-retours de l’action (pratique pédagogique) à la réflexion ont sans doute, pour la suite du stage, étaient déterminants dans le fait d’agir plus efficacement et de comprendre. Mauro n’a eu de cesse de solliciter les entraineurs afin d’exprimer leurs besoins : exigence indispensable pour qui veut progresser. Les informations et les apports théoriques ou pratiques qui nous étaient distillées par Raymond et Mauro avaient pour visées de nous aider à trouver des propositions et des solutions par nous-mêmes. Cette volonté fut une constante de la part de nos deux formateurs. L’on peut dire qu’elle s’est traduite jusqu’à la réflexion et à un positionnement philosophiques supplantant, englobant la démarche pédagogique : partir de l’individu et aboutir à la personnalité autonome. Le maître y a son importance mais sa place n’est pas première. Il ne transmet pas, il aide l’élève à se transformer. Les savoirs, les savoir-faire, les connaissances ne sont pas la finalité, ils sont le support nécessaire et indispensable pour la transformation de l’individu socialisé.
La démarche d’auto-socio-construction s’inscrit dans cette perspective. Elle est doublement exigeante. D’une part, nous ne prévoyons pas à l’avance les séances comme une liste d’exercices préétablie puisqu’elle part des besoins des nageurs ; d’autre part, elle postule une réussite en action des apprenants. Elle ne diffère pas les possibles progrès ultérieurement ; elle doit satisfaire et permettre leur accomplissement à chacune des séances. Faut-il pour autant croire que l’oracle pédagogue suffit à surgir en nous pour réussir, comme par magie ?
L’incorporation de connaissances diverses sont des outils de compréhension du réel. C’est pourquoi nous avons été confrontés à l’épreuve et à l’étude de textes : nécessité pour qui veut s’émanciper de la gangue intuitive, de l’idéologie. Mais plus encore les données extraites devaient devenir une aide pour la construction et l’analyse de notre pratique pédagogique. Ce fut par exemple le cas, après un exposé par Marine, d’un texte de WALLON sur l’observation.
Cependant la tâche est ardue car elle n’est pas une simple application dans notre pratique pédagogique. Elle nécessite une transposition nouvelle dans le dispositif pédagogique. C’est là, tout l’intérêt de la pédagogie de l’action qui incite à traduire ces données en réalisations originales. La pédagogie devient alors un art du possible qui consiste à se demander ce qui peut être introduit à la vie de l’élève et l’aider à progresser. (3). Les stratégies éducatives sont donc œuvre de l’entraineur.
Enfin, Maurice GODELIER, anthropologue, affirme que l’originalité des humains n’est pas de vivre seulement en société, elle est le fait d’autres sociétés animales. Ce qui les caractérise, c’est qu’ils produisent de la société. Ils sont les seuls à modifier leurs façons de vivre en société, à transformer leurs rapports sociaux. (4) Ce stage en est un exemple majeur et doit être un encouragement pour ceux qui désirent participer à l’aventure de l’enseignement de la natation.
Salut fraternel à tous mes collègues de stage. Merci à Louis, organisateur du stage et qui m’a permis de participer. Merci à Mauro et Raymond pour leur dévouement, leur disponibilité et leurs compétences.
Serge
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ARAGON, Il n’y a pas d’amour heureux.
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A la fin du stage Mauro reconsidérait ses propos. Il affirmait que les passages obligés étaient nécessaires mais qu’il n’y avait pas d’ordre obligé des passages obligés.
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Interview donnée par Georges SNYDERS pour la sortie de son livre « Ecole, classe et lutte des classes », PUF
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Maurice GODELIER « Au fondement des sociétés humaines », Albin Michel.
POUR CHANGER LES PRATIQUES SOCIALES DANS UNE INSTITUTION : QUELLE METHODE ?
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POUR CHANGER LES PRATIQUES SOCIALES DANS UNE INSTITUTION : QUELLE METHODE ?
Un exemple : le document de l’Académie de Créteil sur l’enseignement de la natation.

Un conseiller pédagogique de circonscription de Seine et Marne a sollicité mon avis à propos d’un document publié par l’Académie de Créteil, introduit par la Rectrice de l’académie, concernant l’enseignement de la natation à l’école élémentaire. C’est en tant qu’ancien enseignant EPS formateur à l’école normale devenue IUFM puis enseignant formateur à l’UFRSTAPS d’Orsay responsable des enseignements de natation que je voudrais donner mon point de vue.
La méthode utilisée : des questions se posent et nous interrogent.
- Quelle relation explicite est établie entre le constat de l’échec de l’enseignement de la natation en regard de l’objectif assigné de permettre à tous les élèves de réussir l’ASSN et les solutions préconisées ?
- Quels changements sont proposés par rapport à la situation antérieure qui a produit cet échec relatif insatisfaisant au regard des objectifs ?
- Au-delà du constat statistique et des chiffres (rappel : 42 % des élèves entrent au collège sans avoir validé l’ASSN et 19% ne l’ont toujours pas validé en fin de cycle 3), quel travail d’analyse est opéré pour comprendre ou interpréter les trajectoires d’apprentissage / enseignement des élèves aboutissant à ces échecs ? Le taux d’échec est-il identique selon les départements, les circonscriptions, les piscines ?
- S’il y a des différences sont-elles statistiquement significatives ? Quels éléments seraient susceptibles d’expliquer ces différences ? Le partage du projet entre les différents acteurs et leur responsabilisation concernant celui-ci :
- les populations d’élèves et les parents concernés (âges, sexes, niveau de classe, origine socio culturelle),
- les équipes éducatives prenant en charge l’enseignement de la natation (leur cohérence, leur compétence et expérience en matière pédagogique et didactique de la natation et leur degré de conviction et d’investissement par rapport à l’objectif de la réussite de tous),
- les pratiques effectives des personnels intervenant dans leur interaction avec les groupes d’élèves,
- les contenus pédagogiques et didactiques proposés aux élèves, la méthode,
- le dispositif d’enseignement (durée de cycle, temps d’enseignement effectif, etc…)
Une méthode qui à partir du constat, accepterait le détour de l’analyse permettrait sans doute de mieux cibler la nature des changements à opérer pour s’approcher de l’objectif ambitieux déclaré.
Que dirait-on d’un médecin qui prescrirait un remède sans avoir diagnostiqué la nature et l’origine de la maladie qu’il veut traiter ? Quelle efficacité pourrait-on en attendre ?
Devant l’écart entre l’objectif visé et le constat chiffré opéré, deux mesures sont proposées : l’une, relative à l’organisation du temps d’enseignement l’autre, à la « progression pédagogique ».
Qu’y a-t-il de nouveau dans ces propositions susceptibles de transformer les résultats dans un sens positif ? Le nouveau est-il toujours signe et porteur de progrès ?
Nous avons ici un exemple d’organisation fonctionnant en structure pyramidale à caractère hiérarchique. Des experts ou présumés tels (mais experts de quoi), réunis en commission sont chargés de construire une « progression pédagogique » censée aider les différents personnels intervenant directement en piscine auprès des enfants. Les différents maillons de la chaîne hiérarchique devant sans doute diffuser du haut vers le bas ce nouvel « objet pédagogique » pensé en relation avec des nouveaux programmes et une nouvelle organisation des cycles d’enseignement.
Quelle aide souhaiterait avoir l’intervenant au bord du bassin pour mieux réussir sa mission au quotidien et atteindre les objectifs visés par son institution? La question lui est-elle posée ? Se pose t’elle pour lui ? Comment l’institution qui l’engage reconnait-elle ses succès ou ses échecs professionnels ?
Responsables d’une institution, d’un club, d’une organisation, d’une circonscription, d’un service des sports municipal, d’une école de natation, d’une piscine, faites nous part de vos tentatives ou des méthodes que vous utilisez pour gagner en efficacité et vous approcher des objectifs à atteindre.
Dans une prochaine contribution, nous ferons part de notre avis sur la « progression pédagogique » et les orientations techniques et pédagogiques du document de Créteil.
Alain Catteau, le 9 décembre 2016
Quelques sages prescriptions pour la construction du nageur débutant ou évolué
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Quelques sages prescriptions pour la construction du nageur débutant ou évolué
Suite aux questions de F.
Bonjour F.
Tout d’abord, je souhaite vous remercier pour ces questions pertinentes.
Est-il judicieux de faire travailler un seul élément sur une certaine période en début d’année ?
Il me semble important de situer le problème en fonction du niveau de construction du nageur. Si la construction du projectile concerne le débutant qui vient de construire le « corps flottant », il me semble souhaitable de n’envisager la propulsion que lorsque l’élève aura réalisé les entrées dans l’eau en plongeant, et en conservant sa posture jusqu’à la remontée en surface bras dans le prolongement du corps et tête sous les bras.
Si l’on envisage un nageur plus évolué, et cela semble être votre cas, on ne peut dissocier le « projectile » du « propulseur » l’exigence posturale concerne l’alignement, l’immersion et la relative indéformabilité du corps. Si vous travaillez, par exemple la diminution des « coups de bras », la diminution de la vitesse en fin de chaque cycle doit être compensée par une accélération plus intense pour maintenir la vitesse moyenne requise. C’est ainsi qu’à l’insu de l’entraineur un jeune nageur Italien est devenu champion du 200 libre des moins de 14 ans dans son pays. Vous pouvez imaginer alors « Un travail purement technique sur ce thème là et sur les quatre nages »

Y a-t-il un intérêt de passer du temps sur la propulsion si le niveau de construction précédent (ici le projectile et donc minimiser au maximum les freins) n’est pas totalement acquis ?
Il me semble important de distinguer l’exclusivité et la relativité. Mettre l’accent sur le projectile n’implique pas abandonner le propulseur.
Il faut effectivement « raison garder ». Lorsque la qualité de nage se dégrade, il semble superflu de poursuivre la séquence. Rechercher une quantité de qualité semble souhaitable.
« Nager moins pour nager mieux. » ? Vous semble-t-elle justifiée pour des jeunes ou même pour des nageurs élite ?
Comment ne pas partager cette sage prescription ?
Merci et bien cordialement. N’hésitez pas à questionner si ce qui précède ne vous aide pas.
raymond
Jacques PAILLARD : L'acte moteur comme facteur d'adaptation et de progrès évolutif
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Jacques PAILLARD : L'acte moteur comme facteur d'adaptation et de progrès évolutif
In: Actes du Colloque "Sport et Progrès de l'Homme" (Paris, 1975 - p. 71-108 ).

Extrait :
J'aimerais sans aucunement sous-estimer l'apport irremplaçable des approches énergétiques et mécaniques des déterminants biologiques de la réussite sportive, évoquer devant vous certaines des perspectives ouvertes par une approche que l'on peut qualifier d'informationnelle (certains diront cybernétique) du fonctionnement de la machine neuro-motrice. Perspectives où le psycho physiologiste peut désormais, à mon sens, poser ses problèmes au niveau où le psychologue pose traditionnellement les siens, et où le praticien lui-même peut aisément reconnaître les réalités concrètes, familières auxquelles il est quotidiennement confronté.
Estratto :
È mia intenzione, senza sottostimare in alcun modo l'apporto irrinunciabile degli approcci energetici e meccanici delle determinanti biologiche della riuscita sportiva, portare alla vostra attenzione alcune delle prospettive aperte da un approccio che si può definire informazionale (alcuni direbbero cibernetico) del funzionamento della macchina neuro-motoria. Prospettive in cui lo psico fisiologo può ormai, a mio avviso, situare i suoi problemi allo stesso livello in cui lo psicologo colloca i suoi, e dove anche chi è esperto può facilmente riconoscere le realtà concrete, familiari, con cui si confronta quotidianamente.
A propos de « MODELE THEORIQUE »
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A propos de « MODELE THEORIQUE »
Sachant l’intérêt porté au développement de la natation et singulièrement à la construction du nageur performant, des amis ont eu la gentillesse de me communiquer un document fédéral récent émanant de son service Recherche destiné, par vocation, au plus grand nombre. Il est présenté sous forme de diaporama.
Une curiosité attisée par l’évocation des thèmes, la première lecture m’interpelle en plusieurs points et dans l’ensemble me déçoit.
Il me semble, en effet, que la recherche doit s’accommoder des règles de la pensée rationnelle dont la première consiste à définir ce dont on parle le plus exactement et le plus complètement possible.
Certes il peut y avoir des « définitions personnelles » lorsqu’un thème est inédit. La polysémie du terme « modèle » nous invite à interroger la sémantique.
Le Petit Robert nous propose un premier sens : « ce qui sert ou doit servir d’objet d’imitation pour faire ou reproduire quelque chose » il s’agit d’un objet sensible (accessible à nos sens) concret, immédiat, présent, voire présenté.
Le sens n° 7 « représentation simplifiée d’un processus, d’un système » va impliquer une activité mentale de quelque chose à construire qui n’est pas donné au départ, à imaginer, à se représenter, donc abstrait.
L’exemple le plus souvent cité pour évoquer la réalisation d’un modèle théorique est celui du passage du géocentrisme (la Terre au centre du monde) à l’héliocentrisme (la Terre devenant une planète du système solaire parmi les autres).

On doit à Kepler puis Copernic la construction du modèle théor
ique (la Terre tourne sur son axe et autour du soleil) expliquant le concret, le visible : le Soleil tourne chaque jour autour de la Terre. Au-delà de l’alternance des jours et des nuits (le réel), il rend compte de la succession des saisons.
Il semble désormais nécessaire de distinguer modèle concret et modèle théorique. Le premier s’accommode de descriptions, le second exige une construction.
Le processus implique une construction faisant appel aux sciences de l’homme et à la biomécanique ; il doit en outre rendre compte du fonctionnement.
Le modèle présenté par le service Recherche de la FFN n’est pas un modèle théorique.
Il ne part pas de la fonction du plongeon de départ dans les épreuves de nage ventrale : dans le temps le plus réduit (à partir du signal de départ), pénétrer dans l’eau le plus loin possible selon un angle compatible avec le retour vers la surface et la reprise règlementaire de nage.
Cela implique la plus grande vitesse possible d’éjection (décollage) et d’arrivée au contact de l’eau
Le « modèle » proposé nous dit ce qui se fait par la majorité actuelle des meilleurs nageurs en ignorant les lois de la balistique, de la mécanique. Il n’échappe pas au concret, bien qu’il soit fictif, en tant que moyenne de ce qui est réalisé par l’échantillon. De plus le geste du nageur est largement conditionné par la structure du plot de départ récent et dont toutes les piscines ne sont pas équipées. Comment pousser efficacement de la jambe arrière sans la plaque ?
Le réel, nous dit Bachelard, n’est jamais ce que l’on croyait savoir mais ce que l’on aurait du penser. La première procédure de la pensée scientifique remplace la description par l’équation, la dénomination par le rapport, la qualité par la quantité.
Tout phénomène est un tissu de relations, toute substance est un complexe d’attributs.
Autre singularité s’inscrivant en faux par rapport à la démarche scientifique : Il appartient à l’entraineur de se construire un modèle théorique personnel. Imagine-t-on qu’il puisse y avoir autant de modèles théoriques du système solaire qu’il y a d’astronomes ?
C’est encore Piaget qui nous dit que le travail de formalisation est l’œuvre du théoricien mais la structure (qu’il met en évidence) est indépendante de lui.
Le modèle théorique est singulier et pour être validé, soumis à l’épreuve des faits !
Ce que nous cherchons à comprendre c’est le fonctionnement du nageur et à travers le modèle théorique qui en rend compte, la proposition d’une didactique répondant à la question : comment construire le nageur pour le rendre performant, avec des étapes qui sont autant de « passages obligés ».
Explicitement (diapo n° 5) l’auteur nous dit qu’elle alimente la réflexion avec des prestataires et des universitaires. Où se trouve donc la majorité des formateurs et entraineurs ?
Leur fonctionnement est pourtant à identifier et caractériser.
Pour F. Tochon, le discours théorique est un discours idéal et décontextualisé… la réflexion sur la pratique n’a rien d’un savoir universitaire. Ce dont on a besoin c’est d’une réflexion contextualisée en situation.
Si ces quelques lignes déclenchent chez nos lecteurs l’envie de participer à une analyse critique (dans le bon sens du terme) d’autres parties du document particulièrement contestables, nous poursuivrons la lecture armée de ce document. Nous souhaitons également et prioritairement qu’ils expriment leur point de vue.
raymond
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